Les médecins et Google: priorité au temps réel, même en consultation

 

En réaction à ce chiffre, Julien Sibierski, co-fondateur d’Hospimedia, le média d’information pour les professionnels de santé, déclare: « nous ne sommes pas surpris par l’intensité de l’usage de Google et de sa prépondérance. Et encore plus pour une communauté dont le travail est basé, en bonne partie, sur la connaissance. La question générationnelle joue un rôle également bien entendu. »

Parmi les raisons du « search médical »: la recherche d’informations officielles d’ordre scientifique ou de produits, et même la recherche de renseignements pendant leurs consultations. 25 % d’entre eux s’y rendent plusieurs fois par jour, et leurs principales sources d’informations sont les sites de la Haute autorité de santé (14 %) et Univadis, un site d’actualité médicale d’un grand laboratoire (11 %).

A l’inverse, ils consultent peu les sites d’informations grand public et les médias sociaux.

Pour le Dr Dominique Dupagne: «  le secteur médical a été profondément bouleversé par internet: le médecin généraliste dispose d’un accès à une somme de connaissances considérable. Il ne stocke plus d’articles, mais cherche en temps réel ce dont il a besoin. La formation médicale continue est passée au « just-in-time » : l’information dont j’ai besoin, seulement celle-ci, au moment précis où j’en ai besoin, c’est à dire souvent en face de mon patient. Cela rend l’exercice médical plus sûr et plus confortable. »

Ce dernier utilise internet pour quasiment tout ce qui touche à son exercice, à la fois pour s’informer des nouveautés dans son domaine (pratiques médicales, nouveaux produits), mais également pour communiquer avec un groupe de 200 médecins généralistes via une plateforme Yahoo, afin de recueillir des avis sur certains diagnostics.

Enfin, lorsqu’on lui demande si le secteur médical est, selon lui, en retard sur la e-santé, il rétorque: « Non. Les e-patients sont au niveau de consommation et d’usage des e-docteurs. Mais il y a des non-utilisateurs partout. Ceux qui sont vraiment en retard sont les experts qui n’ont pas compris que le web avait fissuré leur piédestal. L’affaire de la grippe A/H1N1 a été le point d’orgue de cette mutation. »

« Nous observons de notre côté attentivement l’émergence d’offres, plus abouties désormais, sur la hiérarchisation de l’information pour les professionnels de santé, dont les médecins », ajoute Julien Sibierski.  »A titre d’exemple, le concept intéressant (et très solide techniquement) développé par la société Archimedox, un moteur de recherche pour professionnels de santé qui recense plus de 60 millions de pages : articles, cours, recommandations, forums.

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