Retour sur la conférence TEDx Montpellier consacrée aux e-medecines

 

Tout d’abord, avant de démarrer, je tenais à glisser un petit mot sur le lieu de l’événement : la faculté de Médecine de Montpellier. Un lieu magnifique, que j’ai donc eu la chance de visiter de l’intérieur, et qui seyait parfaitement au thème de la conférence, et un petit voyage dans le temps, puisque les talks avaient lieu dans l’amphithéâtre principal de l’établissement. Ah, le bonheur des bancs de la Fac, ça n’a pas de prix… mais par contre, ça jouit d’un charme indéniable.

Les technologies au service de l’anticipation médicale

Plutôt que de vous faire un descriptif chronologique des évènements, j’ai décidé d’évoquer les conférences ou passages qui m’ont le plus marqué. On a donc commencé avec Sophie Nahum, et cette question simple mais tellement délicate : « Auriez-vous recours à la technologie pour avoir un bébé amélioré ? » Si la réponse négative paraît évidente, elle l’est beaucoup moins lorsque la question se transforme en « Utiliseriez-vous les technologies pour détecter un handicap chez votre bébé, et le corriger ?« .

Cette réflexion autour de l’anticipation médicale grâce aux nouvelles technologies a atteint son paroxysme lorsque Sophie a évoqué le génome : la médecine progresse, et dans quelques années, il sera possible de décrypter le génome d’un individu en seulement quelques semaines. Une fois ce génome décrypté, la phase ultime de la recherche sera alors la repousse d’organe, et la sauvegarde de la mémoire. Mais avant d’atteindre ce stade, il faudra résoudre le problème du suivi médical…

Faciliter la vie du patient

Ce problème de suivi médical, c’est Laurent Chiche qui l’a abordé. Cet Interniste 2.0 a soulevé ce problème, qu’il nomme « le calvaire des médecins« . Aujourd’hui, et aussi étonnant que cela puisse paraître, face à l’infobésité, les médecins ne sont pas encore parfaitement armés, car ils doivent faire face au manque d’informations sur le passé médical des patients (qui oublient constamment leur beau carnet de santé, celui qui est planqué quelque part dans un trieur, au fond d’un placard). D’où cette idée de créer un carnet de santé 2.0, disponible en plusieurs langues, et qui permettrait aux personnes ayant changé de pays de pouvoir conserver et faire suivre leur dossier médical.

Pour rester dans ce thème du web 2.0 au service de la médecineMichael Chekroun a choisi de nous parler du patient 2.0, celui dont le premier réflexe est d’aller chercher des informations sur Google. Face à Dr Google, le médecin voit donc sa parole mise en doute (en même temps, c’est tous des escrocs ces médecins, heureusement que Doctissimo et tasante.com nous aident à nous soigner). Internet est aujourd’hui la deuxième source de recherche d’informations pour les patients, après le médecin mais avant le pharmacien. D’où la volonté de Michael Chekroun de construire le premier réseau social pour les patients.

Améliorer notre connaissance du cerveau humain

Après avoir vu les avantages des technologies pour le patient, passons à présent aux progrès technologiques mis au service de la chirurgie.  Tout d’abord, Bertin Nahum est venu nous parler de l’utilisation des robots d’assistance aux gestes neurochirurgicaux. Après un voyage dans le temps sur l’histoire de la chirurgie du cerveau, nous avons pu constater les progrès de la science dans les opérations de chirurgie crânienne. L’exemple mis en avant lors de ce talk a été le traitement de la maladie de Parkinson. Les robots chirurgicaux facilitent l’implantation d’électrodes dans le cerveau, visant à diminuer les effets de cette maladie. Et si cette technologie est utilisée dans le cadre d’un travail de guérison, nous avons pu constater que certains mécanismes permettent de lutter contre la non-stimulation de notre cerveau.

L’intervention du Professeur Jacques Touchon est allée dans ce sens. Il a ainsi évoqué la maladie d’Alzheimer et les stimulations cérébrales. Un des constats de la médecine actuelle est que notre cerveau a besoin d’être stimulé de façon régulière. Ainsi, la routine ou le manque d’activité sont autant de mauvais traitements infligés à notre cerveau, et un cerveau qui ne meurt pas est un cerveau qui meurt. Les serious games permettent d’entretenir une activité cérébrale régulière pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, et nous avons pu en voir un bel exemple avec le jeu Hammer & Planks de Natural Pad.

Toujours dans cette idée d’utiliser les nouvelles technologies pour améliorer notre connaissance du cerveau humain, nous avons eu droit à une très belle intervention de Richard Walker, qui vient de voir son projet financé à hauteur d’un milliard d’euros. Il devrait permettre, dans les 10 prochaines années, de pouvoir modéliser le cerveau humain et de le reconstruire, afin de mieux comprendre ses maladies.

Mais le cerveau est décidément bien complexe ! Xavier Vasques a profité de son intervention pour nous parler des bienfaits des électrodes et de la stimulation cérébrale dans le traitement des syndromes dystono-dyskéniques. Le résultat, que nous avons pu observer en vidéo, est tout bonnement impressionnant. Si vous souhaitez en savoir plus sur ce procédé, je vous invite à consulter sa thèse, disponible sur le web à cette adresse.

La main du futur

Ce projet est un de ceux qui aura le plus étonné le public de cette édition 2013 : la main bionic de Ted Varley. Non, nous n’avons pas assisté à une diffusion du making-of de Terminator, mais bel et bien à un vrai talk avec une vraie démonstration de la main en question. Cette main articulée pourrait bien remplacer les prothèses actuelles dans les années à venir.

 

La musique dans le cadre de la santé

Voici donc le projet qui m’aura le plus marqué : Bao Pao, un projet d’interprétation musicale accessible à tous. Il s’agit de Baguettes Assistées par Ordinateur, qui réagissent à la vitesse et à l’intensité des mouvements pour créer des mélodies. Lorsque plusieurs instruments sont utilisés en même temps, on peut alors voir un véritable orchestre prendre forme devant nous. Je ne m’attarderai pas plus sur ce projet, car il m’a tellement plu que je compte me pencher plus longuement dessus dans un prochain article.

Exercices de respiration et activité physique

Je finirai ce petit résumé par les conférences qui ont conclu chaque demi-journée. Dans un premier temps, Jeanine Guey nous a proposé de nous livrer à quelques exercices de respiration, qui répétés chaque jour, permettent aux individus les pratiquant de se vider l’esprit pendant un court instant, et de bénéficier de quelques minutes de repos plutôt bénéfiques pour la suite de la journée.

Et enfin, Christophe De Jaeger a conclu cette journée en nous démontrant que les activités physiques sont indispensables pour rester en bonne santé, même si notre corps commence à vieillir à partir de 20 ans. Néanmoins, une activité physique régulière est le premier moyen de lutte contre les problèmes de santé. Si concrètement, ces révélations n’en sont pas vraiment, les talents de speaker de Christophe de Jaeger auront véritablement capté l’attention de tous pendant ces 18 dernières minutes.

Pour conclure, je dirai que le sujet était délicat, compte-tenu des grands enjeux financiers que soulèvent la médecine. Néanmoins, l’éclairage original qu’auront pu apporter les différents talkers aura permis de sortir un peu de l’aspect purement économique, et de découvrir des projets laissant entrevoir de grands espoirs pour les personnes malades ou handicapées.

18 minutes pour changer le monde, et si ce n’est pour le changer, au moins faire en sorte de l’améliorer…

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