Diagnostiques medicaux via smartphones (mesure du pouls, taux d'insuline, consultations...)

Mesurer son pouls, tenir son carnet de vaccination, envoyer des photos de ses grains de beauté pour un contrôle ou encore calculer sa dose de médicaments, voilà ce que permettent tout une nouvelle génération d’applications de plus en plus prisées.

Les joggeurs avaient déjà pour habitude d’utiliser leur téléphone pour noter les kilomètres parcourus, consigner les battements du cœur et évaluer leur performance. Les adeptes d’un régime santé draconien pouvaient aussi compter sur les conseils de différents types de coach virtuel.

Les applications consacrées au bien être ou à un certain art de vivre ont du succès et se rapprochent de plus en plus du monde médical. Les unes étant dédiées aux patients, les autres aux professionnels. Parmi les nombreux exemples, certaines ont été développées en Suisse. C’est le cas de SkinDoc, qui permet de procéder à une consultation avec un dermatologue, après lui avoir envoyé une photo prise avec son iphone. A l’initiative de cette application, Medi 24, un cabinet médical spécialisé dans la téléconsultation.

Basés à Berne, près de 80 médecins peuvent procéder jusqu’à 400'000 examens par téléphone en une année. La consultation est remboursée par l’assurance maladie. 60% des appels permettent au patient de se soigner tout seul grâce au conseil du spécialiste.

Cela correspond donc à une nouvelle génération de patients, commente Bernard Teyssier, responsable commercial : « La manière dont le patient a recours aux prestations de médecins de premiers recours vont changer, parce qu’on a une génération de patients qui a l’habitude de travailler sur internet, d’appeler et d’être mobile avec une iphone.

Donc, on voit que dans la population, ça a de plus en plus d’intérêt de pouvoir se faire aider par une téléconsultation, sans avoir besoin de se déplacer physiquement dans un cabinet. » Médecin anesthésiste lausannois, Jocelyn Corniche travaille régulièrement comme urgentiste. C’est en constatant qu’il passait parfois beaucoup de temps à calculer les dosages de médicaments pour soigner les enfants qu’il a eu l’idée de développer une application qui simplifie la vie des pédiatres. Baptisé Pédicalc, en référance à l’application plus généraliste Médicalc, son application a déjà séduit plus de 6000 personnes dans le monde.

Un joli petit succès qui n’a pas encore permis de couvrir les frais de développement. « La difficulté aujourd’hui, ce n’est pas forcément d’avoir l’idée ou de développer cette idée, mais c’est de se faire connaître, car le catalogue des applications est conséquent. Ce qui fait la différence, c’est l’interface, la souplesse et l’ergonomie du logiciel, mais il faut aussi un coup de pouce médiatique pour sortir du lot ». Plutôt inspiré, Jocelyn Corniche a créé la société MobileMed, à l’origine de deux autres applications.

My144, qui permet de géolocaliser son appel au 144 (plus de 100'000 téléchargements gratuits) et MediRate, une application qui permet de contrôler le pouls plus rapidement. Flairant la tendance, l’hôpital universitaire de Genève vient de développer Myviavac, un carnet de vaccination intelligent, qui lance une alerte quand il faut renouveler son tétanos. Pour Claire-Anne Siegrist, directrice du centre de vaccinologie et d'immunologie de l'Hôpital Universitaire de Genève, toutes ces applications dédiées à la santé s’avèrent très utiles pour améliorer la qualité des soins, mais elles ne remplaceront jamais les spécialistes. « De plus en plus d’applications seront gérées pour gérer de plus en plus d’informations. Et nous verrons que l’expertise, en médecine, comme dans d’autres domaines, viendra de l’utilisation de ces informations.

On le voit dans les études de médecine. Les étudiants n’apprennent plus tellement à retenir tout par cœur. Ce qui est important aujourd’hui, c’est qu’ils apprennent le raisonnement médical , qu’ils sachent où trouver l’information, et qu’ils soient capable d’en tirer un diagnostique». Plusieurs applications permettent ainsi d’échanger ses données avec son médecin traitant.

C’est le cas de l’I-BGStar, développé par Sanofi Aventis. Ce petit appareil permet de mesurer son glycémie, mais elle permet surtout aux diabétique de consigner toutes les données sur une interface simplifiée et de les envoyer à leur diabétologues. Celui-ci peut ainsi mieux préparer les consultations en disposant déjà des informations relatifs à la santé de leur patient. Pour Claire-Anne Siegrist, cette avancée a du bon parce qu’elle responsabilise le malade et le conduit à se servir de d’un outil banal comme un téléphone comme assistant médical.

Il est ainsi possible de télécharger des applications qui donnent des conseils pour un régime sans sel, sans sucre, sans graisse, etc. "L’interrogation, c’est de se savoir si ces applications ne deviendront pas des béquilles pour des personnes qui ont de la peine à s’astreindre à un régime, à un programme pour arrêter de fumer ou à un entraînement particulier.

En fin de compte, c’est comme toujours la volonté qui fera la différence.

Voir sur : http://www.nouvo.ch/2012/02/je-consulte-avec-mon-smartphone

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